Nathalie

Naissance

Berceuse pour piano

Je voulais intituler cet article naissance, je l’appelle Nathalie pour rester dans ce collier de prénom salué par Briqueloup.

Je découvre les fratries de mes ancêtres, comme lors de mon dernier ChallengeAZ. Des enfants qui me paraissaient enfants uniques, sont issus de grande fratrie, 8, 10, 12 enfants et seuls 4 à 6 survivent à l’âge adulte. Grâce aux recensements, j’ai découvert la fratrie d’Amélie Chauchard, fille de Marie-Hélène.

Et les sœurs de Delphine que j’avais déjà évoqué dans famille nombreuse : celle qui meurt jeune adulte et celle qui reste célibataire toute sa vie. Parmi ses sœurs, Alix et Joséphine sont mortes à un an, Adèle est morte célibataire à 71 ans, Rose a été mariée un an, puis elle est morte elle aussi à 71 ans. Eugénie s’est mariée, elle a eu trois enfants et de nombreux petits enfants. Et puis viennent Isabelle qui est morte a 22 ans et Marie à 10 ans et pour finir Delphine.

Et enfin la fratrie d’Elisa et ses enfants. Rosa, la soeur d’Elisa, habite chez son père Pascal Ruinat, puis avec sa soeur quand celle-ci est veuve. Elisa est la seule à avoir des enfants dans sa fratrie. Quelle joie de retrouver ses frères et soeurs adultes, célibataires et sans enfants et de leur redonner une place dans la famille. Comprendre la vie de notre aieule et de sa fratrie. Catherine et Pascal Ruinat, les parents d’Elisa, se marient le 10 janvier 1829 en décembre de la même année, ils accueillent leur premier enfant, Hélène. Une fille ! Dans ce monde longtemps modelé par le droit d’aînesse, comment est accueilli une fille ? Ce droit est rétabli partiellement en 1826, avant d’être définitivement aboli en 1849. Elisa est le deuxième enfant et finalement Paul né le troisième.

Il y a des naissances dans des familles aisées ou beaucoup plus simples. Est-ce toujours une joie d’accueillir une nouvelle bouche en plus à nourrir ? Une nouvelle fatigue, prendre de nouveaux risques pendant la grossesse et l’accouchement et de créer peut-être des orphelins ? J’avais évoqué aussi l’année dernière, les naissances naturelles.

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Madeleine

Madeleine1937 Fête de la dentelle à l’exposition, dans Gallica

J’ai évoqué Cécile, voici Madeleine, une autre de mes arrières-grands-mères. Mes deux autres prénoms. Madeleine, vous comprenez maintenant mon attachement au Madeleine Project. J’ai moi aussi une Madeleine.

Si je conserve précieusement les lettres que son mari, mon agp, lui a envoyé. Je n’ai pas ses lettres. Les a t’elle détruites ? Il me reste donc des questions sans réponse, des réponses sans question. Madeleine était dentellière et quand elle quitte Alençon pour Paris, elle continue certainement à pratiquer cet art, peut-être aussi parfois pour obtenir un revenu. Il y avait encore beaucoup de dentelles dans l’appartement de mes grand-parents.

Madeleine est-elle corse ? Elle est née normande en 1878, d’une mère normande et apprit la dentelle. Son père gendarme lui a donné son nom et probablement raconté le maquis, la châtaigne, les forêts de chêne liège, les chemins de montagne et la mer. Mais Madeleine a grandi dans l’Orne et elle possède de grands yeux bleus. Elle a eu deux frères, le premier (Marcel) François décède à l’âge de trois ans. Elle a alors douze ans et ce petit frère, elle l’a certainement attendu longtemps.

Et puis Jean est né. Et à regarder son regard coquin, il a certainement était sa joie. Admirez son joli costume en velours et son col romain. Madeleine avait seize ans à la naissance de son frère. C’est son fiancé ou déjà époux qui prend cette photo de famille du sévère gendarme, de son épouse et de leurs deux enfants.

En 1905, elle épouse PG un 14 février, quel romantisme ! Ils ont eu deux enfants. Madeleine a aussi une cousine germaine, qui se prénomme Germaine ! Mais c’est une autre histoire, une histoire parisienne, que je raconterai plus tard.

En mars 1915, son tout petit frère décède dans le bois de Bouvigny. En écrivant ces lignes, je me rend compte que je ne connais pas les dates de décès des parents de Madeleine et Jean. Mais comme beaucoup d’autres parents, ils n’ont probablement pas survécu très longtemps à la violence de leur drame.

Madeleine FJournal d’Alençon, avril 1915

Madeleine a vécu 97 ans et 39 longues années de veuvage après 34 ans de mariage.

Et vous savez quoi ? Madeleine est dans Gallica ! (avec mon agp et mes grands-parents)

francoise1937

Louise

Louise

Les collections de la BMVR de Toulouse, glanées dans Wikipédia.

La famille de ma grand mère maternelle est facile à localiser. Avec ses frères et sœurs, dans les années 30, elle est la première à quitter sa région. Sommes nous basques, sommes nous béarnais ? Nous sommes incapables d’en décider. Je connais mal cette région mais je sais que Cap Breton est dans les Landes (Merci un long dimanche de fiançailles !). Je vous ai présenté Gracieuse et Jeanne, voici Louise, la petite-fille de Gracieuse.

Marie Louise Lousse est née à Tarnos, près de Bayonne, en mars 1851, son père est laboureur et sa mère ménagère. Ce sont eux aussi des terriens du bord de mer ! Un frère aîné, Pierre est né en 1849. Elle se marie à Tarnos, avec Pierre C. en juillet 1869, ils ont trois enfants et elle est veuve à 26 ans, en 1877.

Sa belle-fille Lucie est elle aussi de la famille Pambrun. C’est en effet l’arrière petite fille de Joseph Pambrun, un frère de la grand-mère Gracieuse. Le mariage de Lucie et Jean Alfred a t’il été organisé par les deux cousines issu de germain ? C’est probable.

Marie Louise se remarie le 25 juin 1879 avec Jean Baptiste Lamagdelaine dont elle a six enfants. Son deuxième mari décède en 1894. Elle est donc veuve une seconde fois. Un des descendants de Marie Louise et Pierre C est mon père, un autre descendant avec JB Lamagdelaine est un chanteur célèbre… Ses parents décèdent en 1898 et en 1902, elle meurt en juillet 1931. J’aurai aimé travailler sur le recensement dans ce village, cela n’est pas encore possible sans se déplacer. Je me sens un peu trop à l’Est. Un jour, j’aurai le temps et le loisir de ne faire plus que de la généalogie et je descendrai me promener le long de ses plages interminables de sable fin que ma grand-mère aimait tant.

Karin

 

Karin2

Recueil de costumes étrangers

Difficile d’écrire cette page contemporaine. Karin est née en mai 1968. Je ne l’ai pas connu, je suis arrivée plus tard dans la vie de mon mari. Plus tard et plus loin, à 400 kilomètres du lieu où elle vivait, où elle est née et a grandit, où elle est morte aussi.

Karin et son frère sont le visage de cette Allemagne multiple, moitié westphalien, moitié silésien. Ils ont connus leurs grands parents qui avaient migré de l’est vers l’ouest. Il n’y a plus vraiment de traces de toutes leur histoire silésienne. Quelques photos contemporaines des lieux et une tombe à leur nom dans le village. Nous ne nous sommes pas encore lancés dans des recherches généalogiques qui seront longues et compliquées par la barrière de la longue. Aujourd’hui la Silésie est polonaise. Nous y emmènerons un jour nos enfants, pour qu’ils sachent d’où ils viennent. Ils connaissent et apprécient leur belle Westphalie, où nous allons régulièrement retrouver nos parents.

Mais revenons à Karin, elle aimait dessiner et jouer de l’accordéon. Ses aquarelles et ses portraits ornent la maison de mes beaux-parents. Je l’imagine à l’école, à l’image de nos correspondants allemands, décontractés interpellant leur prof en claquant des doigts, mangeant fruits et petits pains pendant les récréations. Elle a vécu la chute du mur de Berlin en 1989, comme toute cette génération. Elle avait 21 ans et était amoureuse. Elle a travaillé comme assistante maternelle dans un Kindergarten. Elle s’est mariée et a eu deux enfants. Et un soir de novembre, elle est tombée gravement malade et en est morte, elle avait tout juste trente ans. Il y a vingt ans.

Jeanne

Jeanne

Mesdames nos aïeules de Robida dans Gallica

Jeanne Cazauran est née le 27 avril 1721 à Saint-Esprit (Bayonne), elle est baptisée le jour même. C’est alors la régence du duc d’Orléans. Elle est l’ainée d’une famille de cinq enfants. Elle épouse Guillaume Pambrun, un maître jardinier en 1741, au début de la Guerre de Succession d’Autriche. Il a cinq ans de plus qu’elle. Ils ont dix enfants, nés entre 1742 et 1764. Incroyable fécondité !

Les parents de Jeanne vivent assez âgés pour rencontrer chacun de leurs petits enfants. Son mari Guilhem décède en 1784. Leur dernière fille à 20 ans. Jeanne est donc veuve pendant la Révolution française. Comment vit-elle cette période ? Ma grand-mère évoquait parfois les souvenirs d’une aïeule communiante pendant cette période, probablement Catherine Nautiacq (1786-1813).

Pierre, le fils aîné de Jeanne et Guillaume est mort à 17 ans en 1774, au début du règne de Louis XVI. Jean, mon aïeul, a 25 ans au décès de son père, il est cultivateur. Il s’est marié en 1781 et à une fille Etiennette. Jean et Catherine se chargent-ils de Jeanne quand elle devient veuve ?

Jeanne apprend la naissance de ses petits-enfants, même celle de Gracieuse, née quelques jours avant son décès en 1800. En 1857, la commune de Saint Esprit quitte le département des Landes pour être intégrée à Bayonne.

Isabelle

isabelle1869

La fourrure, 1869

Pourquoi Isabelle est-elle morte à 22 ans ? Elle décède à Toulon le 2 janvier 1870, chez ses parents. Elle y est née en mars 1847. En 1851, l’immeuble familial du 113 rue Lafayette à Toulon accueille de nombreux membres de la famille Bourgarel et Arden. Isabelle a 3 ans, elle vit avec ses grands-parents, ses parents, ses frères et sœurs et des oncles et tantes dans différents appartements

En 1856, elle est dites Elisabeth Ardène, elle a 9 ans, elle vit avec ses parents et ses nombreux frères et sœurs : Adèle qui a 18 ans, Ernest 16 ans, Rose 12 ans, Eugénie 10 ans, Frédéric 7 ans, Adrien 5 ans, Marie 3 ans et Delphine qui a 18 mois et une domestique Anaïs Payant 18 ans. Frédéric et Delphine sont mes sosas. Ils vivent à proximité de leurs grands parents, Jean et Rose Bourgarel qui ont 80 et 60 ans. Ainsi que leurs tantes Rose Senès et Julie. Dans les foyers des tantes, il y a des enfants. Autant de cousins et cousines avec qui jouer.

En 1861, deux familles louent les appartements du 113 rue Lafayette. Rose Bourgarel, désormais veuve, vit toujours dans l’immeuble avec trois de ses enfants. Mais Pierre et Delphine Arden ont déménagé. Pierre Philippe Arden reçoit la légion d’honneur en 1867 et son dossier ne donne pas ses états de service. Delphine sa dernière fille est née en 1854, j’ai donc peu d’indication pour retrouver le domicile de cette famille.

En 1866, Isabelle a 15 ans et elle est revenu dans l’immeuble de sa grand-mère. Elle vit avec ses parents et ses quatre frères et soeurs Ernest, Rose, Frédéric et Delphine et une domestique Marie Julliat (20 ans). A cette époque, Adèle et Eugénie qui ont 18 et 19 ans vivent avec leur grand-mère Rose Bourgarel et une domestique. Sa tante Julie, vit toujours dans l’appartement à coté avec deux enfants et une domestique. Son oncle Frédéric Bourgarel, lieutenant de vaisseau, vit avec son épouse, sa fille et une domestique dans le même immeuble. Rose Senès et sa famille ont quitté l’immeuble. La grand-mère maternelle d’Isabelle décède en septembre 1868.

Isabelle meurt juste après les fêtes, probablement d’un refroidissement vu la période de l’année. Deux de ses oncles maternels sont allés déclarer son décès, dont Adrien Bourgarel qui était déjà témoin de la naissance de sa nièce en 1847. Le jeune frère de Delphine Bourgarel était-il aussi le parrain d’Isabelle ? Certainement ! Elle s’appelait Isabelle Marie Caroline Adrienne comme lui…

Hélène

Helene

Mesdames nos aïeules de Robida dans Gallica

Le 20 juillet 1807, les cloches de Belfort sonnent un événement heureux ! La jeune Marie-Hélène de la Porte épouse un militaire natif de Cote d’or, Jean Pierre Michel. Elle a 21 ans, il en a déjà 36. Elle a perdu sa mère en 1806. Sa grand mère maternelle assiste au mariage et la noce déclare ignorer le domicile du père de la mariée !

En juillet 1800 déjà, les cloches sonnaient pour le mariage de sa sœur Adélaïde et d’Etienne Joseph Chauchard, payeur aux armées, natif de Besançon. Ce mariage avait certainement été plus heureux, la mariée étant entourée de ses parents. Ils auront deux fils Gustave et Auguste Chauchard.

Le couple déménage au grès des affectations de Jean Pierre Michel. Deux filles naissent  à Nice : Mathilde et Eugénie. L’ainée, mon aïeule, Mathilde Michel épouse à Grenoble, son cousin germain Gustave Chauchard, en juillet 1826. Le général Charles Eugène de Lalaing d’Audenarde, le colonel Jean Henri Fiereck, Jean François Garnier, le colonel Antoine Chantron sont témoins de ce mariage qui doit être somptueux. Le colonel Michel marie sa fille aînée ! Nous n’avons pourtant plus de traces de ce mariage, ni faire-part, ni menu, ni lettres relatant la fête…

Gustave devient payeur aux armées et le couple vit à Aurillac. La grand-mère de Gustave Chauchard décède à Besançon, à l’âge de 97 ans, le 28 décembre 1826. Malheureusement, Jean Pierre Michel décède, lui aussi le 17 avril 1828 dans la Drome, à 56 ans. La cadette Eugénie est placée sous tutelle, elle habite avec sa mère Marie-Hélène à Grenoble. Le dossier de la légion d’honneur de Jean Pierre Michel renseigne l’organisation familiale en 1828. Eugénie épouse finalement un militaire breton, le Conservateur de la Galerie des plans reliefs des places fortes.

En 1860, une petite fille de Marie-Hélène, Amélie Chauchard, se marie à Toulon avec un autre militaire breton. Marie-Hélène décède à Paris en 1870, après 40 ans de veuvage. Elle a donc connu les deux empereurs. Sa sœur Adélaïde est morte en 1867. Son neveu et gendre, Gustave Joseph Victor Chauchard décède à Toulon en janvier 1886 et son épouse l’année suivante, dans la même ville. Leur fille Amélie Chauchard est domiciliée en 1911, chez sa fille Marguerite Arden, 23 boulevard de Strasbourg à Toulon.