La vie de Jean Baptiste Perez

J’ai fait toutes mes études classiques au lycée de Bordeaux,  je préparai un baccalauréat de lettres. La mort de mon père m’obligea à raccourcir mes études. Je suis entré à l’école de supérieures de Commerce et d’Industrie de Bordeaux, où j’ai passé deux ans et obtenu le diplôme en 1879, âgé de 17 ans. Je suis entré comme employé à 50 Fr par mois à la maison Schoengrün, Lopez Dubeo & Cie, place Gambetta à Bordeaux. Cette maison s’occupait d’Import-export vers les pays de l’Amérique du Sud, notamment l’Argentine. Je l’ai quitté pour aller à Londres sous les auspices de mon camarade Léon Delpeut comme correspondant de langues étrangères dans la maison Wil. Brandt et Sons C’étaient des russes puissamment riches dont les bureaux comptaient une trentaine d’employés. Outre l’importation de bois de pins et sapins de la Finlande et de Russie, ils s’occupaient d’importation de produits de l’Inde et de la Chine, et d’Amérique du Sud, par chargements entiers ou grosses quantités.

J’avais passé avant 6 mois en Allemagne à Hambourg, dans la maison d’exportation Ernst Spahn qui travaillait surtout avec le Mexique.

Après un séjour de deux ans à Londres, je suis revenu à Bordeaux où j’ai été employé pour la correspondance étrangère et les expéditions dans la maison de vins de Goisque, Brossault & Cie pour laquelle j’ai fait le placier à Paris et suis allé pendant un mois à Madrid.
C’était alors en 1885 que je me suis marié. Je suis parti en Décembre de la même année pour la Havane afin de recueillir l’héritage de mon père et je me suis occupé en même temps de la représentation des vins de Bordeaux et des vins de liqueur d’Espagne pour la maison Goisque Brossault & Davioud. Le résultat fut moindre que je ne pensais, tant à la Havane qu’au Mexique. De retour à Bordeaux, j’ai trouvé, grâce à Nicolas Garcia, un emploi de chef de bureau dans les mines de Cublac et Fours à chaux du Lardin, dont M Jean Delas était alors directeur technique.

M Delas et moi étions logés à Terrasson (Dordogne) entre les deux exploitations. Le charbon de Cublac (Corrèze) était barré de calcaire et ne pouvait trouver de débouché que près de la mine. C’est pourquoi on avait établi au Lardin des Fours à chaux grasse et Hydraulique qui l’utilisaient. Les verreries du Lardin, dirigées par le frère de M Delas s’en servaient également. Il y avait aussi au Lardin une petite mine qui ne donnait aucune houille exploitable, mais où l’on trouvait beaucoup d’empreintes de feuilles de fougères et de coprolithes. Dans le calcaires carbonifère on trouvait des ammonites et des bélemnites

Après deux ans de séjour à Terrasson (1888) je suis revenu à Bordeaux pour m’associer avec Joachim BEGUERIE qui faisait depuis longtemps le commerce d’importation de cigares de la Havane, comme correspondant de la maison Mendy et importation de produits français à Buenos Ayres comme correspondant de la maison Severino Lalanne & Hijos qui avaient l’une et l’autre de grands magasins d’alimentation.

Après trois ans lorsque Jean BEGUERIE sortit de l’école supérieure de commerce de Bordeaux et fut en âge de seconder son père, je fis un voyage en Russie, d’accord avec un de mes amis de paris. Je visitai Odessa, Kharkof, Kiew et Moscou. C’est là que je fus mis en rapport avec M BRUYAS, un lyonnais qui s’occupait de représentation de maisons françaises et avaient des relations avec les principaux industriels français et russe de cette ville et de ses environs, notamment dans les centres de l’industrie textile. Nous avons fait alors un contrat d’association et Frédéric HENRIQUE (de Paris) consentit à me faire une avance de capitaux avec l’intention de se joindre à nous plus tard (1898).

Malheureusement, au lieu de travailler à la commission, BRUYAS nous conseilla de faire des affaires d’achat et de vente pour notre compte afin d’avoir un meilleur rendement. C’est ce qui amena des difficultés avec la clientèle russe, qui payait mal et laissait protester les effets. Après deux ans d’essais infructueux, je rompis l’association avec BRUYAS et revins en France. Comme Frédéric avait perdu beaucoup d’argent et moi le peu que je possédais – la dot d’Alice – je revins à Paris où était restée ma famille, à Bois Colombes, avenue du château.

C’est alors que je trouvai par l’union de nos associations d’anciens élèves un emploi de Directeur commercial dans la fabrique franco-russe de ciment de Tchoudovow (Russie, à 100 verstes, soit 160 km de Saint Petersbourg. Logé, éclairé, chauffé avec ma famille, aux appointements de 250 roubles par mois (Le rouble valait alors – en 1899 – 2 fr 70) J’occupai cet emploi pendant 3 ans, jusqu’au moment où le siège social à Paris se trouva en difficultés

Grâce à mon ami Maurice ALLIX, j’ai pu entrer au service de la maison SOZIO et ANDRIOLI à Grasse (A.M.) comme chef de bureau. Je suis resté 10 ans à Grasse, de 1901 à 1911. Cette année là, je quittait Grasse pour entrer dans la maison MUHLTHALER, de Nyon (Suisse) comme voyageur à l’étranger pour ses produits de parfumerie. Je collaborais pendant 6 mois au bureau, faisant la correspondance étrangère et préparant mon premier voyage autour du monde6. En 1913, je renouvelai mon contrat pour 5 ans. La guerre mondiale me surprit à New York, d’où je rentrai aussitôt. Je restai à Nyon jusqu’en 1920, époque à laquelle je fus chargé par M. WALSH, de la Cie MORANA, de New York, de prendre la direction du bureau de la parfumerie Lournay à Paris, pour le compte de la société Palmolive de Milwaukee (USA).

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