Victoire

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Une bataille d’un général comtois. Est FC 1798. BM Besançon

Je crie Victoire ! Car je terminerai ce challenge AZ, parce que j’ai des mots pour les quatre dernières lettres. Je remercie Sophie de m’avoir permis de me raccrocher au ChallengeAZ.

Victoire, c’est aussi Victoire Chauchard et sa sœur Rosalie, qui sont avec leurs enfants mes découvertes de ce mois de juin. Je suis heureuse d’avoir découvert leur vie en Franche-Comté, ce mari organiste décédé pendant la Révolution, ces enfants nés après son décès, l’écueil des veuves. Qui donc sont les pères ? cela restera sans réponse. Et puis Rosalie qui arrive finalement a épouser le père de sa fille. Il reste des mystères ou une curiosité avec l’acte de décès de leur mère Marguerite Bourgeois. Et ma grande joie est d’avoir relevé dans les actes, les témoins des évènements, baptêmes, mariages, décès pour mieux cerner cette famille comtoise.

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Les marges

pontailler
#MonbleddansCassini sur Gallica

Souvent militaires, marins et armée de terre, dans mon arbre, les familles sont situées surtout dans les marges : Flandres, Ardennes, Comté, haute Provence, Var, Pyrénées, Aquitaine et Bretagne.

La branche Bourguignonne est la plus centrale et à cause de son patronyme Michel, l’une des moins connues. Le portrait de cet ancêtre m’impressionnait quand j’étais petite : Jean Pierre Michel est né le 4 septembre 1771 à Pontailler sur Saône (Côte d’or) et décédé le 17 avril 1828, à Bourg les Valence dans la Drôme, à l’âge de 56 ans. Il était directeur des fortifications à Embrun en 1816. Son dossier de la Légion d’honneur brise la légende familiale : Il n’est pas écrit qu’il a eu les pieds gelés à la Bérézina mais il été sérieusement blessé pendant les batailles napoléoniennes.

Son père Philippe Michel (1743-1808) était avocat au Parlement de Bourgogne. Dans mes souvenirs, les ancêtres de cette famille Michel nous étaient inconnus et ce nom de Michel, celui d’un enfant trouvé au parcours exceptionnel. Les parents et grand parents de Jean Pierre Michel sont pourtant de Pontailler et d’une famille notable. Comment ont-ils pu se perdre dans les méandres de la mémoire familiale ?

Mathilde, la fille de Pierre Michel et Marie Hélène de la Porte, épouse en 1826, Gustave Chauchard.

Que d’histoires !

Histoire
Besançon en 1840. Estampe A Bertrand. Bm Besançon

Les familles que d’histoires ! Entre mariage, veuvage et remariage, décès infantiles, enfants naturels, voyages et déménagements, les histoires familiales sont riches en anecdotes. Et ces familles sont parfois difficile à suivre.

Etienne Joseph Chauchard (1771-1861), né à Besançon, y est probablement mort en 1861. L’état civil est en ligne mais dans les tables décennales, il est absent : aucun Chauchard, Gauchard, Chaunard ou Chaussard. Il a été receveur des contributions directes à Limoges et payeur à Aurillac. Deux de ses petits enfants, Jules et Amélie naissent justement à Aurillac. Son fils, Gustave s’installe ensuite à Paris et Amélie Chauchard se marie à Toulon en 1860 alors que Gustave travaille dans le Var, comme payeur aux armées, lui aussi.

Fille naturelle

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Besançon en 1840. Estampe d’Alexandre Bertrand. BM Besançon

Retour à Besançon, dans la famille Chauchard. En septembre 1789, sont déclarés la naissance et le baptême de « Jeanne Charlotte, fille naturelle de Louise Rosalie Chauchard » Charles Xavier François Janson est son parrain et  sa grand mère maternelle Marguerite Bourgeois est sa marraine. Cette histoire connaît un rebondissement immédiat : « Et instamment s’est présenté devant nous le sieur Pierre Marie Pajot, huissier au parlement de Besançon, lequel nous a requis de baptiser l’enfant Jeanne Charlotte sous son nom et sous celui de la dite demoiselle Chauchard, l’ayant reconnu pour son enfant.»

Pajot épouse finalement Rosalie le 7 janvier 1793, après la signature d’une promesse signée en décembre 1792 qui doit être plutôt une sorte de ban (Promesse de mariage E 561, signée le 9 décembre 1792, avec Pierre Marie Pajot de Salins). Louise Rosalie vit alors avec sa mère, rue Billon, Besançon. Pajot est devenu administrateur du district et son père est le commandant de la brigade de gendarmerie à Salins. Il vit rue d’arènes.

Jeanne Marguerite Bourgeois, mère de Rosalie et sa sœur Thérèse Victoire Chauchard, veuve de Laurent Jecker, sont notées comme témoin. Il est encore indiqué « justement les époux nous ont déclaré qu’ils avaient un enfant… » J’ai repéré deux enfants nés de cet union, Jeanne Charlotte Chauchard, née en 1789 et reconnue le jour de sa naissance par son père et son frère Claude Victoire Rousseau, né tout juste après le mariage de ses parents, le 19 septembre 1793.

Division : le général

Etienne Joseph Chauchard (1771-1861) épouse Adélaide de la Porte. Etienne Joseph était payeur aux armées. Il est censé être décédé à Besançon en 1861 mais je ne trouve pas de trace de son acte de décès.

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Portrait du Général, Société d’émulation Belifortaine, 1913.

Deux fils naissent de cet union dont Auguste Chauchard (1801-1880), Général de division distingué à Solferino, Magenta et Palestro lors de la campagne d’Italie. Il devient Inspecteur général du génie et construit la citadelle de Langres. Il termine sa carrière comme chevalier d’honneur de la princesse Mathilde. Son frère se nomme Gustave.

Marie Hélène de la Porte, sœur d’Adélaide épouse Jean Pierre Michel. Leur fille Mathilde Michel (1808-1887), épouse son cousin germain Gustave Chauchard (1802-1886). Il reçoit la légion d’honneur en 1855. Le couple s’installe dans le Var, où Gustave est lui aussi payeur aux armées.

Curiosité

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Acte de décès de Marguerite Bourgeois, AM Besançon, en ligne.

Marguerite Bourgeois, veuve de Pierre Chauchard, décède à 97 ans après une vie bien remplie et au moins sept enfants et de nombreux petits-enfants. J’ai relevé pour l’instant : Jeanne, Claude Joseph, Victor Joseph, Auguste et Gustave. Sur son acte de décès apparaît Louis Daniel Bonnet, quarante et un an, ancien négociant, petit fils de la défunte.

J’ai d’abord songé à une erreur. Et puis je me suis souvenu de l’âge tardif des mariés Pierre Chauchard et Marguerite Bourgeois en 1760. Il a 56 ans et elle 29 ans. Sont-ils tous les deux veufs ? s’agit-il d’un premier mariage ? Louis Daniel Bonnet est né à Besançon, son acte est en ligne, les noms de ses parents sont écrits. L’acte de mariage des parents de Louis Daniel est aussi en ligne, nous avons donc le nom de ses grands parents et il n’y a pas Pierre Chauchard ou Marguerite Bourgeois. Jean Adam Bächlin ne semble pas être né à Besançon en 1803.

Que se passe-t-il alors le 28 décembre 1826 autour du décès de Marguerite Bourgeois ? Est-ce une erreur ? une usurpation d’identité ? Une affection si grande qu’elle était considérée comme la grand-mère ?

Bourgeois

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Encyclopédie de Diderot et D’Alembert, Forges

Anatole Bourgeois était maitre des forges vers 1767. Il faut avoir vu une forge du 18e siècle pour imaginer le bruit, les odeurs, la saleté, les mouvements, le labeur dans un tel lieu. J’ai découvert cette information récemment et j’en suis tout étourdie : un maître des forges. Ses deux fils Louis et Joseph reprennent sa suite.

Un inventaire de la vente des forges en 1786 donne une description de la forge : la forge, la halle de forge, trois martinets, un bâtiment contenant la roue placée au bout de l’écluse, l’ancienne fonderie, la grande tirerie, la tirerie du bas et la fournaise des appointeurs. Louis Bourgeois la vend à ses cousins Louvot.

Marguerite Bourgeois épouse Chauchard est la fille d’Anatole Bourgeois. Elle donne à son troisième fils, le prénom de son père.