Terrasson Lavilledieu

Une halte à Terrasson Lavilledieu, où est né René Perez en février 1889.

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Jean Baptiste Perez a travaillé aux Houillères de Cublac entre janvier 1887 et mai 1889.  Je ne connais pas son adresse qui n’est pas sur l’acte de naissance de René, conservé aux Ad de Dordogne.

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Son nom est gravé sur le monument aux morts de sa ville natale.

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Mais pas sur le monument aux morts dans l’église où il a probablement été baptisé. Son père n’a peut-être pas été contacté pour une souscription, il avait quitté Terrasson depuis plus de vingt cinq ans.

D’autres images et documents sur twitter.

Journal

journalJe parle pour l’instant sur ce blog de ma famille maternelle, mes grands-parents étaient tous les deux des Arden par les femmes. Mon grand père m’a transmis mon sang comtois de cette famille Chauchard et ma grand mère était une Perez Henrique, cette famille d’Aquitaine partie à Cuba et rentrée en 1867.

J’ai découvert dans Gallica, le Publicateur, Annonces de la Gironde, du 10 aout 1838, la vente par lot des immeubles dépendants de la succession de feu Jean Baptiste Giraudet Coste (sosa 494), soit de sa société d’acquet avec Dame Adélaide Souffront (sosa 495), aujourd’hui sa veuve. Sept lots sont vendus, ils sont tous décrits et estimés.

Il est question d’un Jean Chéri Giraudet Coste, négociant, vivant chez sa mère la veuve Gatereau. Il doit être le petit fils de Jean Baptiste Giraudet Coste. Mais j’avoue avoir du mal à le rattacher dans ma généalogie.

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Au moment des problèmes de succession, la fille de Jean Baptiste et Adélaide, Désirée avait déjà épousé Nicolas Fol (dont la mère était une Henri de la Borderie, dit Henrique), un notaire au Carbon-Blanc. J’imagine que son professionnalisme a permis de protéger les droits de son épouse et de sa belle-mère. Cette succession est compliquée entre enfants et petits enfants, majeurs et mineurs du premier mariage et ceux du second mariage.

Amélie Fol, fille de Désirée et Nicolas, épouse Guibert, est la grand mère de René et André Perez.

Equipage

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Acte de décès de Elisa Henrique. Archives familiales.

Nous laissons momentanément la Comté.

Elisa Henrique quitte Cuba, où elle était née en 1821. Elle avait décidé de venir en France avec son fils Jean Baptiste, né en 1862. Son frère Frédéric vient la chercher à la Havane, parce qu’elle était malade de l’estomac. Elle embarque sur le paquebot France, commandé par Mr Laurent, né le 17 avril 1817 à Metz, inscrit à Lorient comme capitaine au long cours.

Le voyage en mer ne fait qu’aggraver son mal et elle meurt avant l’arriver à Saint Nazaire, le 5 avril 1867. Jean Baptiste, le frère d’Elisa vient chercher son neveu orphelin âgé de 5 ans pour l’emmener à Bordeaux. Il se charge de l’élever avec ses propres fils. Le jeune Jean Baptiste s’inscrit dans une école de commerce à Bordeaux. Il se marie en 1885 avec une cousine Alice Guibert et reçoit cet extrait de registre d’état civil, annexés au mariage. L’équipage témoin du décès avec le capitaine est nommé dans acte, comme François Dugé de Bernonville, chirurgien de 1er classe ou Eugène Désiré Riboulet, autre capitaine.

Parmi les enfants d’Alice et Jean Baptiste, René, dont il est question dans ce blog.

La vie de Jean Baptiste Perez

J’ai fait toutes mes études classiques au lycée de Bordeaux,  je préparai un baccalauréat de lettres. La mort de mon père m’obligea à raccourcir mes études. Je suis entré à l’école de supérieures de Commerce et d’Industrie de Bordeaux, où j’ai passé deux ans et obtenu le diplôme en 1879, âgé de 17 ans. Je suis entré comme employé à 50 Fr par mois à la maison Schoengrün, Lopez Dubeo & Cie, place Gambetta à Bordeaux. Cette maison s’occupait d’Import-export vers les pays de l’Amérique du Sud, notamment l’Argentine. Je l’ai quitté pour aller à Londres sous les auspices de mon camarade Léon Delpeut comme correspondant de langues étrangères dans la maison Wil. Brandt et Sons C’étaient des russes puissamment riches dont les bureaux comptaient une trentaine d’employés. Outre l’importation de bois de pins et sapins de la Finlande et de Russie, ils s’occupaient d’importation de produits de l’Inde et de la Chine, et d’Amérique du Sud, par chargements entiers ou grosses quantités.

J’avais passé avant 6 mois en Allemagne à Hambourg, dans la maison d’exportation Ernst Spahn qui travaillait surtout avec le Mexique.

Après un séjour de deux ans à Londres, je suis revenu à Bordeaux où j’ai été employé pour la correspondance étrangère et les expéditions dans la maison de vins de Goisque, Brossault & Cie pour laquelle j’ai fait le placier à Paris et suis allé pendant un mois à Madrid.
C’était alors en 1885 que je me suis marié. Je suis parti en Décembre de la même année pour la Havane afin de recueillir l’héritage de mon père et je me suis occupé en même temps de la représentation des vins de Bordeaux et des vins de liqueur d’Espagne pour la maison Goisque Brossault & Davioud. Le résultat fut moindre que je ne pensais, tant à la Havane qu’au Mexique. De retour à Bordeaux, j’ai trouvé, grâce à Nicolas Garcia, un emploi de chef de bureau dans les mines de Cublac et Fours à chaux du Lardin, dont M Jean Delas était alors directeur technique.

M Delas et moi étions logés à Terrasson (Dordogne) entre les deux exploitations. Le charbon de Cublac (Corrèze) était barré de calcaire et ne pouvait trouver de débouché que près de la mine. C’est pourquoi on avait établi au Lardin des Fours à chaux grasse et Hydraulique qui l’utilisaient. Les verreries du Lardin, dirigées par le frère de M Delas s’en servaient également. Il y avait aussi au Lardin une petite mine qui ne donnait aucune houille exploitable, mais où l’on trouvait beaucoup d’empreintes de feuilles de fougères et de coprolithes. Dans le calcaires carbonifère on trouvait des ammonites et des bélemnites

Après deux ans de séjour à Terrasson (1888) je suis revenu à Bordeaux pour m’associer avec Joachim BEGUERIE qui faisait depuis longtemps le commerce d’importation de cigares de la Havane, comme correspondant de la maison Mendy et importation de produits français à Buenos Ayres comme correspondant de la maison Severino Lalanne & Hijos qui avaient l’une et l’autre de grands magasins d’alimentation.

Après trois ans lorsque Jean BEGUERIE sortit de l’école supérieure de commerce de Bordeaux et fut en âge de seconder son père, je fis un voyage en Russie, d’accord avec un de mes amis de paris. Je visitai Odessa, Kharkof, Kiew et Moscou. C’est là que je fus mis en rapport avec M BRUYAS, un lyonnais qui s’occupait de représentation de maisons françaises et avaient des relations avec les principaux industriels français et russe de cette ville et de ses environs, notamment dans les centres de l’industrie textile. Nous avons fait alors un contrat d’association et Frédéric HENRIQUE (de Paris) consentit à me faire une avance de capitaux avec l’intention de se joindre à nous plus tard (1898).

Malheureusement, au lieu de travailler à la commission, BRUYAS nous conseilla de faire des affaires d’achat et de vente pour notre compte afin d’avoir un meilleur rendement. C’est ce qui amena des difficultés avec la clientèle russe, qui payait mal et laissait protester les effets. Après deux ans d’essais infructueux, je rompis l’association avec BRUYAS et revins en France. Comme Frédéric avait perdu beaucoup d’argent et moi le peu que je possédais – la dot d’Alice – je revins à Paris où était restée ma famille, à Bois Colombes, avenue du château.

C’est alors que je trouvai par l’union de nos associations d’anciens élèves un emploi de Directeur commercial dans la fabrique franco-russe de ciment de Tchoudovow (Russie, à 100 verstes, soit 160 km de Saint Petersbourg. Logé, éclairé, chauffé avec ma famille, aux appointements de 250 roubles par mois (Le rouble valait alors – en 1899 – 2 fr 70) J’occupai cet emploi pendant 3 ans, jusqu’au moment où le siège social à Paris se trouva en difficultés

Grâce à mon ami Maurice ALLIX, j’ai pu entrer au service de la maison SOZIO et ANDRIOLI à Grasse (A.M.) comme chef de bureau. Je suis resté 10 ans à Grasse, de 1901 à 1911. Cette année là, je quittait Grasse pour entrer dans la maison MUHLTHALER, de Nyon (Suisse) comme voyageur à l’étranger pour ses produits de parfumerie. Je collaborais pendant 6 mois au bureau, faisant la correspondance étrangère et préparant mon premier voyage autour du monde6. En 1913, je renouvelai mon contrat pour 5 ans. La guerre mondiale me surprit à New York, d’où je rentrai aussitôt. Je restai à Nyon jusqu’en 1920, époque à laquelle je fus chargé par M. WALSH, de la Cie MORANA, de New York, de prendre la direction du bureau de la parfumerie Lournay à Paris, pour le compte de la société Palmolive de Milwaukee (USA).

Le nom Perez-Henrique

En 1867, la mère de Jean Baptiste Perez, Elisa Henrique épouse Perez décide de quitter Cuba pour revenir en France, elle meurt pendant le voyage. Jean Baptiste Perez fut élevé par son oncle Jean Baptiste Henrique à Bordeaux. Le père de Jean Baptiste Perez est mort à la Havane quand il avait 11 ans. Jean Baptiste Perez, orphelin, accole le nom de son père adoptif et oncle maternel Henrique.

Jean Baptiste Perez-Henrique est le père de René et d’André Perez.