Terrasson Lavilledieu

Une halte à Terrasson Lavilledieu, où est né René Perez en février 1889.

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Jean Baptiste Perez a travaillé aux Houillères de Cublac entre janvier 1887 et mai 1889.  Je ne connais pas son adresse qui n’est pas sur l’acte de naissance de René, conservé aux Ad de Dordogne.

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Son nom est gravé sur le monument aux morts de sa ville natale.

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Mais pas sur le monument aux morts dans l’église où il a probablement été baptisé. Son père n’a peut-être pas été contacté pour une souscription, il avait quitté Terrasson depuis plus de vingt cinq ans.

D’autres images et documents sur twitter.

Warrington

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Photo de famille. René est au centre

Ce blog a été crée pour valoriser une belle rencontre sur twitter en septembre 2015 et la découverte du nom de René P Henrique sur le monument aux morts de l’entreprise Crossfield à Warrington. Nous ignorions cela dans ma famille : nous n’avions pas la connaissance de son nom sur les monuments aux morts de cette ville.

Et nous ne savons pas pour l’instant pourquoi René, qui a passé deux ans à Warrington, a été ainsi honoré et quels étaient les amis qui ne voulaient pas l’oublier. Pour découvrir cette histoire, je vous invite à lire les articles du blog et le storify des échanges sur twitter.

Jean Baptiste Perez, père de René et fils d’Elisa, travaillait déjà dans le parfum à Grasse puis Nyon en Suisse. René Perez a embauché en 1912 chez Crossfield à Warrington et est rentré en France en 1914. Il est mort pour la France dans la main de Massiges, le 26 septembre 1915.

Adam Cree après avoir mené l’enquête a donné une conférence et écrit un article sur René Perez.

Grande Guerre

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Journaux des tranchées. BM Besançon

J’ai raconté dans ce blog, la guerre de René et celle de son frère, André Perez.

Mes arrières grand pères sont revenus : Edouard Baume, né à Toulon était médecin militaire. Il est devenu pédiatre. André Perez a raconté sa guerre. Et mes arrières grand pères paternels, plus âgés n’ont pas été mobilisé.

Deux jeunes sont décédés dans la guerre, le jeune frère de mon arrière grand mère

  • Luc Jean Antoine Claude Filippi, qui estt né en Normandie et n’a peut-être pas connu la Corse de son père, est mort le 24 mars 1915 dans le Bois de Bouvigny (Pas de Calais), à l’âge de 20 ans.

Un neveu d’une autre aieule

  • André Aubert né à Marseille en 1898 et décédé le 19 octobre 1918 à Nevers, à l’âge de 19 ans

Quel chagrin ! Je pense à Pagnol quand j’évoque le souvenir de ces deux jeunes hommes « en 1917, dans une noire forêt du Nord, une balle en plein front avait tranché sa jeune vie et il était tombé sous la pluie, sur des touffes de plantes froides dont il ne savait pas les noms. »

Trois enfants

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Une photographie dans son cadre en velours rouge dans mon grenier depuis un an. Je me suis demandée un moment qui était ces trois enfants. Et j’ai eu un déclic aujourd’hui. Une grande fille, en robe à manches longues et bouffantes et grand col, ses cheveux longs attachés par un ruban. Un garçon debout en costume marin et un bébé assis dans la charrette, en robe et cheveux longs, il porte des chaussons et ne marche peut-être pas encore. Les ainés portent des bottes. Les visages des garçons sont assez proches des deux adultes dont nous avons les portraits car c’est probablement, Madeleine née en novembre 1885, René né en février 1889 et André né en septembre 1892, traditionnellement les bébés portent des robes. Ils auraient donc environ 9 ans, 4 ans et 18 mois, ce qui semble correspondre à l’âge des enfants. La photographie aurait pu être prise vers mars 1894, à Bordeaux où vivait la famille Perez.

Si cette photographie a été prise à Bordeaux et qu’elle a suivi la famille Perez, on peut imaginer son voyage : Bordeaux, Bois Colombe, la Russie, Grasse jusqu’en 1911, Nyon jusqu’en 1920, Paris, Reims vers 1930 lors de la reconstruction, Clamart, Soissons où Jean Baptiste Perez meurt en décembre 1943, retour en région parisienne où André meurt en 1983, puis le Var jusqu’en 1994, Reims de nouveau jusqu’en 2015 et le Doubs !

 

Association la Main de Massiges

L’association de la Main de Massiges a rédigé un article sur René Perez. (voir onglet 8e RIC)

Ils ont aussi trouvé ce lien pour une déclaration de nationalité française de Madeleine et René en 1891, ils vivaient alors rue de Lerme à Bordeaux.

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et des éléments sur André dans les archives du CICR. J’avoue que je suis épatée de découvrir ces documents. Je ne connaissais pas les archives du CICR. André Perez n’est pas mort pour la France, il n’a pas été décoré. Je ne pensais pas que l’on puisse trouver des documents le concernant pendant la première guerre mondiale. Il a été blessé fin août 1914 ce qui lui a permis certainement de vivre encore de longues années mais est resté blessé toute sa vie de rester fils unique et d’avoir perdu son frère.

Quelques détails

Le fascicule de mobilisation de René Perez nous apprend que ses cheveux sont châtains, ainsi que ses yeux, son visage est long, son teint pâle, il mesure 1 m 76. Il commence son instruction militaire le 5 octobre 1910 et celle-ci est jugée suffisante pour que l’homme soit mobilisable le 15 février 1911 et terminée le 15 mai 1911. Il est alors caporal. Son livret nous apprend qu’il sait lire et écrire, qu’il a son certificat d’études supérieures, section industrielle. C’est un nageur ordinaire. Ce livret comporte deux visas : L’un pour Nyon, dans le canton de Vaud, le 28 septembre 1912, il est noté qu’il y est de passage. Le deuxième pour Warrington (Angleterre) date du 19 octobre 1912.

Lettre d’un ami

7 décembre 1915

Monsieur,

En réponse à votre lettre du 29 novembre, je m’empresse de vous transmettre à titre tout à fait personnel les renseignements sur la mort héroïque de mon camarade Perez. J’ai reçu deux lettres de ses parents auxquels je n’ai pu répondre. Vous serez donc bien aimable de m’excuser auprès des parents de mon ami pour mon silence à leurs lettres. Sachez d’abord que la mort en héros de Perez me prive non seulement d’un camarade mais d’un ami cher ! Nous avions en effet vécu de longs mois côte à côte à la même compagnie partageant les mêmes plaisirs mais surtout les mêmes souffrances, les mêmes dangers, les mêmes marmites. Et dans ces rudes circonstances on apprend à mieux se connaître, à mieux s’estimer, s’apprécier. Nous étions devenus deux inséparables. Ensemble nous sommes partis à l’assaut le 25 septembre et malgre tout, nous avons pu à la fin de la journée, nous serrer la main, diner une autre fois ensemble. Le jour arrive et la lutte a coup de grenades et de fusil très violente se poursuit toute la journée.
Le 26 vers 8 heures, notre capitaine est tué et nous voilà tout deux seuls ! Calme, courageux, méprisant le danger, le brave Perez est partout, stimulant ses hommes, lançant des grenades, prenant des décisions promptes et heureuses. A plusieurs reprises, j’ai du même l’inviter à plus de prudence. La lutte se calme vers midi pour reprendre plus vive vers 13 h jusqu’à 16 h. A ce moment, de tous côtés des bras apparaissent agitant des mouchoirs blancs. Tout se calme et au moment ou tous deux éreintés mais heureux du succès nous sortions du boyau pour ramasser les innombrables prisonniers, une balle atteint Perez en plein coeur tué net à mes pieds sans pouvoir exhaler un dernier mot. Cruelle fut ma douleur mais surtout rageuse. Je n’ai pu rester avec lui et ce n’est que vers 18 h, qu’ayant organisé la compagnie, j’ai pu revenir prendre tout ce qu’il avait sur lui, que j’ai fait remettre au médecin chef et j’ai fait transporter son corps à 5 km, en arrière où il a été enterré le lendemain avec tous les honneurs dus à son rang. Sa tombe a été fleurie, une croix porte tous les renseignements et une bouteille renfermant son identité a été déposé avec lui.
Puissent les regrets d’un ami atténuer l’immense douleur des parents auxquels je vous prie de transmettre ma lettre.